IA : la France joue sa place dans la course mondiale aux data centers

210 milliards d'euros d'investissements possibles d'ici 2035, alors que l'acceptabilité locale devient un sujet de plus en plus sensible.
19 août 2026 par
Pénélope COUDERC


La France veut devenir un hub européen majeur de l'intelligence artificielle, et les data centers en sont le nerf de la guerre. Selon une étude du cabinet Rexecode, la puissance installée des centres de données pourrait être multipliée par dix entre 2025 et 2035, pour environ 210 milliards d'euros d'investissements cumulés. Le cabinet évoque une « fenêtre d'opportunité » à saisir rapidement, portée par un atout français décisif, une électricité décarbonée et compétitive, ainsi qu'une position centrale en Europe.

Des annonces record, mais des freins bien réels

L'élan est autant politique qu'économique. Le gouvernement a mis en avant 109 milliards d'euros dédiés à l'IA au Sommet pour l'action sur l'IA (Paris, février 2025). Plus récemment, à Choose France 2026, le japonais SoftBank a promis à lui seul 75 milliards d'euros pour des data centers en France, dont 45 milliards dans les Hauts-de-France d'ici 2031.  L'équation énergétique reste toutefois tendue, avec des besoins électriques estimés jusqu'à près de 28,6 GW, et les contestations locales se multiplient (consommation d'énergie et d'eau, faible création d'emplois), comme l'illustre le recours déposé contre le projet de Rovaltain, dans la Drôme. Fin mai, l'Arcep pointait elle-même une consommation qui explose, avec une coordination encore insuffisante.

Le signal est clair : les capitaux et la volonté politique sont au rendez-vous. La France, futur hub européen majeur de l'intelligence artificielle ? À suivre.

Sources : étude Rexecode, annonces gouvernementales (Sommet IA, Choose France), rapport Arcep.

Pénélope COUDERC 19 août 2026